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Pêche illégale : neuf pays de l’océan Indien occidental renforcent leur coopération régionale dans le cadre du programme SWIOP

Afrique de l’Est Nouvelles

Pêche illégale : neuf pays de l’océan Indien occidental renforcent leur coopération régionale dans le cadre du programme SWIOP

Naoufel Haddad
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Victoria, Seychelles | 28 octobre 2026

Neuf pays de l’océan Indien occidental, dont Maurice et les Seychelles, renforcent leur coopération dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), dans le cadre du Programme pour un océan Indien occidental durable (SWIOP), financé par l’Union européenne. Trois volets complémentaires du programme ont été officiellement lancés aux Seychelles le 26 octobre 2026. Cette initiative vise à renforcer la surveillance des pêches, la coopération scientifique et les capacités institutionnelles, tout en favorisant une gestion durable des ressources marines et la préservation des moyens de subsistance des communautés côtières et insulaires.

Une réponse régionale coordonnée

Les pays de l’océan Indien occidental intensifient leur coopération dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), à travers plusieurs initiatives complémentaires relevant du Programme pour un océan Indien occidental durable (SWIOP), financé par l’Union européenne.

Trois volets du programme, mis en œuvre respectivement par l’Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA), Expertise France et la Commission de l’océan Indien (COI), ont été officiellement lancés le lundi 26 octobre 2026 à Victoria, aux Seychelles.

Cette nouvelle étape vise à renforcer la gouvernance des pêches, à améliorer les systèmes de suivi, de contrôle et de surveillance, à faciliter les échanges d’informations et à développer les connaissances scientifiques sur les stocks halieutiques partagés.

La cérémonie a été organisée conjointement par la Délégation de l’Union européenne auprès de Maurice et des Seychelles, l’EFCA, Expertise France et la COI.

Elle a réuni plusieurs responsables gouvernementaux et représentants d’institutions régionales et internationales, notamment le ministre principal et ministre de la Pêche, de l’Agriculture et de l’Économie bleue des Seychelles, Wallace Cosgrow ; le secrétaire général de la COI, le Dr Ibrahim Norbert Richard ; la directrice exécutive de l’EFCA, la Dre Susan Steele ; ainsi que José Maria Troncoso Perera, responsable des partenariats à la Délégation de l’Union européenne auprès de Maurice et des Seychelles.

L’ambassadrice de France aux Seychelles était également présente.

Neuf pays concernés par le programme

Le SWIOP couvre neuf pays de l’océan Indien occidental : les Comores, Djibouti, le Kenya, Madagascar, Maurice, le Mozambique, les Seychelles, la Somalie et la Tanzanie.

La pêche illégale constitue un défi important pour cette région, tant en matière de préservation des écosystèmes marins que de gestion durable des ressources halieutiques.

Les activités de pêche et les déplacements des navires dépassant les frontières maritimes nationales, une réponse efficace suppose une coopération étroite entre les États, leurs autorités de contrôle et les institutions régionales.

Dans le cadre du pilier consacré à la gouvernance des océans, les organisations partenaires entendent consolider les mécanismes régionaux existants, tout en tenant compte des priorités nationales et des besoins opérationnels des pays concernés.

Le programme associe ainsi renforcement institutionnel, assistance technique, formation, partage d’informations et surveillance coordonnée des activités de pêche.

Renforcement du contrôle et de la surveillance des pêches

L’Agence européenne de contrôle des pêches apportera un appui opérationnel et technique aux pays bénéficiaires, en s’appuyant sur son expérience de la coordination des activités de contrôle au sein de l’Union européenne et de la coopération internationale.

Son intervention comprendra notamment des formations pratiques destinées aux personnels chargés du suivi, du contrôle et de la surveillance des pêches, un accompagnement dans l’amélioration des cadres législatifs et institutionnels, le renforcement des dispositifs de surveillance et une meilleure circulation des informations.

Une composante importante concerne l’appui aux opérations conjointes menées dans le cadre du Plan régional de surveillance des pêches (PRSP) de la Commission de l’océan Indien.

Mis en place en 2007 avec le soutien de l’Union européenne, le PRSP constitue un instrument de coopération régionale dans la lutte contre la pêche INN.

Il associe les cinq États membres de la COI — les Comores, la France au titre de La Réunion, Madagascar, Maurice et les Seychelles — ainsi que le Kenya, le Mozambique, la Somalie et la Tanzanie.

Couvrant plus de 6,5 millions de kilomètres carrés de zones économiques exclusives, ce mécanisme facilite l’organisation de patrouilles maritimes conjointes, complétées par des missions de surveillance aérienne, l’échange d’informations opérationnelles et la mutualisation des ressources.

Ces activités contribuent à la prévention, à la détection et à la dissuasion de la pêche illégale.

De nouvelles synergies sont également envisagées avec l’Architecture régionale de sécurité maritime, coordonnée par la COI.

Le programme prévoit par ailleurs un rapprochement avec le projet de création d’un Centre régional de surveillance, de contrôle, de suivi et d’observation des pêches.

Développer la recherche scientifique et la gestion des stocks

Expertise France apportera un soutien particulier à la conservation et à la gestion des stocks de poissons de haute mer et des stocks chevauchants dans l’océan Indien occidental.

Son intervention s’appuiera sur deux organisations régionales de gestion des pêches : la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI) et l’Accord sur les pêches dans le sud de l’océan Indien (SIOFA), ainsi que sur leurs parties contractantes dans la région.

L’objectif est d’améliorer la collecte des données halieutiques et de renforcer la recherche scientifique afin de disposer de connaissances plus fiables pour orienter les décisions relatives à la gestion durable des stocks.

Expertise France fournira également une assistance technique pour faciliter la mise en œuvre des mesures de conservation et de gestion adoptées dans le cadre de la CTOI et du SIOFA.

La coopération régionale au cœur des interventions

Lors de la cérémonie de lancement, la directrice exécutive de l’EFCA, la Dre Susan Steele, a souligné les conséquences de la pêche illégale sur les écosystèmes marins et la nécessité d’une action dépassant les frontières nationales.

Elle a insisté sur l’importance des patrouilles conjointes, d’une surveillance ciblée, du partage d’informations et du renforcement des capacités institutionnelles.

L’EFCA entend ainsi privilégier une approche concrète et opérationnelle, en étroite collaboration avec les partenaires locaux.

Le secrétaire général de la COI, le Dr Ibrahim Norbert Richard, a pour sa part rappelé que la lutte contre la pêche INN ne peut être efficace sans une coopération étroite, coordonnée et durable entre les différents acteurs concernés.

Les activités de pêche et les mouvements des navires dépassant les limites territoriales, la mise en commun des compétences, la coordination des opérations et les échanges de renseignements constituent, selon lui, des éléments essentiels à l’efficacité des dispositifs de contrôle.

Il a également mis en avant le rôle du PRSP, dont le programme SWIOP permettra de consolider les acquis et de renforcer les capacités de surveillance des pays participants.

Un soutien européen de 11 millions d’euros pour le volet pêche

José Maria Troncoso Perera, responsable des partenariats à la Délégation de l’Union européenne auprès de Maurice et des Seychelles, a annoncé que le volet consacré à la pêche dans le premier pilier du programme bénéficierait d’un soutien européen de 11 millions d’euros.

Il a insisté sur le rôle de la pêche durable dans la résilience économique et sociale des États côtiers et insulaires.

Pour les populations qui dépendent de la mer pour leur alimentation, leurs emplois et leurs revenus, la gestion durable des ressources halieutiques représente non seulement un enjeu environnemental, mais également une priorité économique, sociale et stratégique.

Le ministre principal seychellois Wallace Cosgrow a, de son côté, rappelé la place centrale de l’océan dans la sécurité alimentaire, l’économie et les moyens de subsistance de la population seychelloise.

Il a souligné qu’aucun pays ne saurait lutter seul contre la pêche illégale et réaffirmé l’importance de renforcer les mécanismes régionaux de surveillance et de contrôle.

Un programme quinquennal de 60,5 millions d’euros

Le SWIOP a été initialement lancé en juin 2026 à Mombasa, au Kenya.

D’une durée de cinq ans, il dispose d’un budget global de 60,5 millions d’euros, cofinancé par l’Union européenne à hauteur de 58 millions d’euros et par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement à hauteur de 2,5 millions d’euros.

Il repose sur trois piliers complémentaires :

  1. La gouvernance des océans
  2. Les investissements durables dans l’économie bleue
  3. La résilience des écosystèmes marins

Dans le cadre du premier pilier, les interventions de l’EFCA et de la COI contribuent aux efforts de réduction de la pêche INN, tandis qu’Expertise France accompagne la conservation et la gestion des ressources halieutiques partagées à travers la CTOI et le SIOFA.

Le lancement de ces différentes composantes aux Seychelles marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre du programme.

En associant surveillance régionale, coopération scientifique, renforcement institutionnel et gestion coordonnée des pêches, le SWIOP entend promouvoir une exploitation durable des ressources marines et contribuer à la protection des moyens de subsistance des populations dépendantes de l’océan Indien occidental.

Cette initiative illustre également l’importance d’une coopération concrète entre les États côtiers et insulaires africains pour relever les défis communs de la gouvernance halieutique et de la préservation des ressources marines.

Taluck Ashok Beeharry

Source : Communiqué de presse conjoint du 27 octobre 2026 — Délégation de l’Union européenne auprès de Maurice et des Seychelles, Agence européenne de contrôle des pêches, Expertise France et Commission de l’océan Indien.

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